Bernie (1996)

de Albert Dupontel

avec Albert Dupontel, Claude Perron, Roland Blanche, Hélène Vincent

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA

Bernie n'a pas le moral. A 30 ans, il ne connaît toujours pas ses parents. Laissant derrière lui l'orphelinat où il travaille, il part à leur recherche et découvre l'abominable vérité sur les conditions de son abandon. Refusant de l'accepter, il invente un nouveau scénario qui le conduit, après avoir retrouvé son père, à enlever sa mère.

Une comédie grinçante. Dupontel réalisateur s'impose dès son premier long métrage.

MA CHRONIQUE

Cela commence comme une gentille comédie bien tranquille : un personnage un peu simple décide de sortir de l'orphelinat et de se lancer dans la vie. Le voilà lancé dans la vie, bien moins armé que d'autres. Il se trouve un appart et c'est là que tout se détraque: on sent , au moment où il dit à l'agent immobilier qu'il veut "faire venir des vieux" , que ce ne sera pas une comédie comme les autres. Et en effet, s'ensuivront des histoires glauques, sinistres, des scènes d'une grande violence et assez gores, on croisera des clochards sodomites et des filles accros à l'héroine, on verra des accidents de voiture , du sang. Mais pourtant, il s'agit bien d'une comédie et l'on rit beaucoup .

Bernie est un candide qui évolue dans une société très dure, où misère et chômage règnent. Mais Bernie refuse de voir la réalité de son abandon et imagine une histoire rocambolesque qui expliquerait l'acte de ses parents. Car Bernie n'imagine pas ses parents autrement que comme des gens aimants et des parents modèles. Et le voilà dans une cité à cotoyer des personnages infréquentables et très louches pour retrouver ses parents puis il commet meurtres sur meurtres , son délire paranoiaque s'accroit.

Certes, il est fou à lier mais sa folie demeure sympathique même si sa violence est réelle et grande. Mais la folie est partout dans cette société. C'est cette société-là qui manque de lucidité et qui le conduit à ces actes extrêmes car il ne peut pas croire à un monde où des parents abandonnent un bébé dans une poubelle; alors il imagine des malfrats s'en prenant à ses parents et à lui même, leur bébé. C'est cette société-là qui est folle, à l'image de ce député qui, pour sa publicité personnelle, tente de négocier avec le forcené qu'il est devenu. C'est cette société-là qui déraille, où la richesse cotoie la plus basse misère.

La nature humaine ne ressort pas grandie et annoblie de ce film, bien au contraire. Mais pourtant, Dupontel porte un regard teinté de tendresse à cette triste humanité et il y a de la place pour des instants de poésie même au fond d'un transformateur électrique après un fix. C'est le sens de cet humour grinçant qui est loin d'être gratuit. PC

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