Big fish (2004)
de Tim Burton
avec Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup, Jessica Lange, Marion Cotillard, Alison Lohman, Danny De Vito, Steve Buscemi...

SYNOPSIS SUR LE SITE D'ALLOCINE
L'histoire à la fois drôle et poignante d'Edward Bloom, un père débordant d'imagination, et de son fils William. Ce dernier retourne au domicile familial après l'avoir quitté longtemps auparavant, pour être au chevet de son père, atteint d'un cancer. Il souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu'il ne soit trop tard. L'aventure débutera lorsque William tentera de discerner le vrai du faux dans les propos de son père mourant.
MA CHRONIQUE
Edward Bloom, avec son imagination et ses histoires, transforme la réalité pour l'embellir, l'améliorer et ne pas se contenter de la platitude du factuel. C'est ce que fait Tim Burton et le sujet du film se confond avec le film lui-même.Le réalisateur multiplie les univers, mélange et confond les genres, alterne réalité et récits imaginaires avant de les réunir dans une même scène vers la fin. Ce film foisonne de toutes les créatures burtoniennes, de toutes ses préoccupations, de toutes ses obsessions, de tous ses thèmes de prédilection que sont la différence, les apparences, la monstruosité, l'anormalité, le sens de la vie et de la mort, l'Amérique et délivre en même temps des messages de tolérance. Burton semble vouloir dire que l'imagination permet en plus de mieux restituer la réalité en palliant l'impossibilté d'exprimer tous les ressentis avec le seul factuel. Ainsi, pour exprimer l'effet du coup de foudre, l'imagination et le cinéma autorisent l'arrêt du temps et de la pellicule autour d'un seul personnage qui lui continue à se mouvoir avant que la réalité rattrappe le temps grâce à l'accélération de la pellicule.
Ce film est donc un hymne à la fantaisie, une ode à la fiction et à l'imagination. pour Edward Bloom comme pour Tim Burton, l'imagination est au service de l'existence, elle aide à vivre et aussi à mourir. L'imagination fait partie intégrante de la vie, de l'existence, de l'homme. La réalité n'est que la partie visible de l'iceberg contrairement à ce que dit le fils d'Edward mais son père lui, a décidé de mettre en avant la partie immergée, à savoir le monde et les visions intérieurs, sa part d'imaginaire. Mais comme pour l'iceberg, la partie émergée prend appui sur 90% de la masse immergée donc la réalité est loin d'être le tout de l'homme et quand le fils se plaint de ne pas vraiment connaître son père qui , d'après lui, se cacherait derrière ses histoires et quand il lui demande: "mais qui es tu?", il se trompe car en fait son père lui a donné la plus grosse partie de lui-même.
Big fish est un film-monde, un film-univers, qui contient pleins d'autres films et d'autres univers :Edward Bloom et Tim Burton convoquent pour leurs histoires tous les récits, les lieux, les personnages des légendes et du cinéma et plus largement du folklore américain ,au sens large du terme (de lore: connaissance et folk : les gens, c'est-à-dire la culture populaire qui va des loups-garous à Superman). Mais c'est aussi un film-monde, un film-univers dans le sens où il tente et parvient à englober l'existence de l'homme dans sa totalité, dans toutes ses dimensions (vie/mort; réalité/imaginaire; bien/mal; intellect/émotion ). Et c'est sans doute parce que ce film parle à toutes les dimensions de notre être qu'il nous émeut et nous touche autant quel que soit notre âge.
Avec Lost in translation, deux chefs d'oeuvre en l'espace de deux mois en 2004!!! Une belle année qui commence! PC