Bob Roberts (1992)
de Tim Robbins
avec Tim Robbins, Ray Wise, Alan Rickman

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA
Bob
Roberts doit son succès à des chansons réactionnaires qu'il écrit
lui-même et il s'est enrichi grâce à d'obscures transactions
financières. En 1990, il se présente au poste de sénateur de
Pennsylvanie. Ce candidat populiste est prêt à tous les coups
bas pour parvenir au pouvoir. C'est un manipulateur de première
et ses discours démagogiques parviennent à le faire monter dans
les sondages. Au moment où la campagne semble tourner en sa
faveur, un journaliste révèle l'origine de sa richesse : des bénéfices
issus de logements sociaux réinvestis dans l'achat d'avions
utilisés pour le trafic de drogue en Amérique du Sud. De
l'argent blanchi par l'association humanitaire mise en avant par
Roberts pendant toute sa campagne.
Premier long métrage de Tim Robbins à la réalisation. Un film
percutant sur la réalité politique de certains candidats aux élections
américaines.
MA CHRONIQUE
Bob Roberts est un pourri qui passe pour le bon Américain, incarnant des valeurs traditionnelles et conservatrices, réactionnaires. Et il se prend pour un Bob Dylan de droite, à succès. Il est candidat au sénat en Pennsylvannie et sillonne l'état à bord de son car. Les idées qu'il défend sont déjà nauséabondes en elles-mêmes (puisqu'elles excitent implicitement les manifestations de haine raciale, sociale et favorisent un égoisme et un individualisme outrés) mais on se rend vite compte qu'elles ne sont qu'un fond de commerce électoral car il se dit anti-drogues et pourtant, il n'hésite pas à s'enrichir avec l'argent de la drogue. Bref, il est ignoble. Et donc, Tim Robbins atteint son objectif : Droite conservatrice = réactionnaire= ultra-libérale = antisociale = inhumaine= cynique.
Bob Roberts ne croit pas en ses idées, ce n'est pas un homme de conviction: il a juste trouvé un créneau qui lui permettra de parvenir au succès. Il est lui aussi d'une certaine façon manipulé. Il ne semble pas maître du jeu. Tout lui échappe. Il a toute une équipe autour de lui qui semble tirer les fils et lui dire quoi faire, où et comment. Il est seulement une image mise en avant et en lumière.
Le film se présente donc comme un faux documentaire sur la campagne sénatoriale de Bob Roberts mais c'est un vrai film sur le rôle des médias. L'idée du documentaire permet de garder une certaine distance avec Bob Roberts. ce n'est pas un film sur lui, un film qui cherche à comprendre d'où vient son populisme. Mais ce film montre bien à quel point tout ce qui est image compte avant toute autre considération dans la politique américaine.
De plus, loin d'être une simple satire du cirque politique américain, le film montre des côtés inquiètants de la démocratie américaine qui flirte avec le show-business à un tel point que les deux mondes en sont presque interchangeables ( les politiques utilisent même des scénarios dignes de films policiers pour arriver à leurs fins). Une démocratie où l'homme politique devient une sorte d'idole (l'attentat dont est "victime" Bob roberts donne lieu à des scènes d'hystérie collective et à des regroupements semblables à ceux qui ont suivi l'assassinat de John Lennon). De plus, Ce film baigne dans le pessimisme absolu car non seulement Bob Roberts est élu mais le journaliste qui a mis à jour la supercherie est assassiné sous les houras de la foule aveuglée.
Alors, même si ce film donne à réflêchir sur le pouvoir des images et les risques de dérive inhérents à l'histoire et la culture américaines, Tim Robbins s'égare en voulant asséner un discours de gauche auquel d'ailleurs on ne peut qu'adhérer ici vue l'outrance du personnage mais de plus, il insiste trop lourdement à mon goût sur la théorie du complot et du pouvoir absolu de la CIA sur tous les gouvernements américains depuis longtemps, complot qui a fait échouer la gauche et qui manipule la droite. PC