Bonnie and Clyde (1967)

de Arthur Penn

avec Warren Beatty, Faye Dunaway, Gene Hackman, Michael J.Pollard, Estelle Parsons

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA

Dans l'Amérique de la grande dépression, le mauvais garçon Clyde Barrow entraîne la jeune et jolie serveuse Bonnie Parker dans une série de hold-up minables ou audacieux.

La saga légendaire du couple maudit révéla Warren Beatty et Faye Dunaway.

MA CHRONIQUE

Arthur Penn interroge l'Amérique sur son rapport à la violence, ses mythes fondateurs et ses idéaux de réussite sociale ainsi que sur la représentation qu'elle a et qu'elle fait d'elle même en retraçant l'histoire vraie de ce couple légendaire qui défraya la chronique pendant les années de dépression économique aux Etats-Unis.

Il mélange tous les genres (comédie, films de gangsters, romance), tous les tons ( réalisme, onirisme, crudité, humour, idéalisme) et les confrontent à la réalité (car on sait que c'est une histoire vraie). Et cette réalité se manifeste par le refus de représenter la violence en hors-champ ou de façon adoucie ou embellie. Elle surgit brutalement en plein coeur de la comédie ou de la romance, sans avertir, sans crier gare.

Alors, même si le couple joué par ces deux très beaux acteurs que sont Warren Beatty et Faye Dunaway est en quelque sorte sublimé , Arthur Penn ne les épargne pas. Certes, ils sont beaux, avides de liberté et luttent à leur façon contre une société injuste qui crée de la misère. Mais ils s'engagent dans leur périple moins par idéalisme que par ennui (pour Bonnie) ou pour affirmer une sorte de puissance qui lui fait défaut par ailleurs -et notamment sexuellement (pour Clyde). Et s'ils tuent, c'est un peu par hasard, par malchance et par panique. Ceci , certes, les dédouane quelque peu mais enlève le souffle romantique et épique que certains ont voulu voir dans leur épopée. Enfin, ils semblent être davantage des produits de la culture américaine que des rebelles. Ils sont à la recherche d'une gloire et d'une immortalité toute individualiste.

Arthur Penn semble dire que loin d'être des héros , ses personnages sont des êtres fragiles et faillibles, avec beaucoup de défauts, de caprices. Ils ne sont pas très futés, se comportent comme des enfants pas toujours sages .Ils ne sont ni des monstres, ni des héros. Ils ont des aspirations d'êtres humains nés dans cette Amérique-là. Et seule cette Amérique pouvait produire des Bonnie and Clyde. Leur façon de réussir, c'est en exerçant la profession de "pilleurs de banque" mais lorsque l'Amérique souffre et que ses banques sont en faillite, eux non plus ne peuvent travailler correctement. Ils font partie du système. PC

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