Ce jour-là (2003)

de Raoul Ruiz

avec Bernard Giraudeau, Elsa Zylberstein, Jean-François Balmer, Michel Piccoli

MA CHRONIQUE

Dans le générique, il nous est dit qu'il s'agit d'une comédie helvétique.

Et Raoul Ruiz semble nous faire comprendre que non seulement la Suisse manque de folie, de fantaisie mais qu'elle n'aime pas la folie et la fantaisie au point de vouloir les éliminer. La Suisse est un pays où "on laisse faire", où "on ne fait rien".

Les fous de cette comédie sont certes bien atteints, plutôt dangereux (Giraudeau tue énormément de monde) mais ils sont attachants, aimants , naîfs, un peu enfantins et un peu poètes. Ils sont sincères et capables d'éprouver des sentiments pour leur prochain malgré leur promptitude à éliminer.

Les gens "normaux" , eux, sont terriblement ennuyeux; ils sont même stupides, bêtes et paresseux. Ils n'ont envie de rien faire si ce n'est manger, jouer au billard et lire les journaux et dire des choses d'une banalité incroyable.. Voilà à quoi les fonctionnaires de la police passent leur temps.

Les "riches" sont également étranges et froids, préoccupés par l'argent, la réussite, et qui sont capables d'avoir des réactions passionnées et violentes lorsq"u'il s'agit de débattre du bon goût d'une sauce pimentée.

Alors, on se demande sila folie des "fous" n'est pas une façon de se protéger de l'ennui et de la conformité des autres. Tout est outré dans ce film; c'est parfois drôle. Mais filmer l'ennui peut se révéler dangereux et selon les circonstances dans lesquelles on visionne ce film, on peut soi-même être frappé d'ennui malgré quelques éclats poétiques, baroques ou humoristiques ici et là et l'interprêtation irrésistible de Bernard Giraudeau. PC

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