Le Mystère de la chambre jaune (2003)
de Bruno Podalydès
avec Denis Podalydès, Pierre Arditi, Jean-Noël Brouté, Sabine Azéma, Olivier Gourmet, Claude Rich

MA CHRONIQUE
Ce film ne se contente pas de raconter le mystère policier mais c'est un film SUR le mystère. C'est un film qui tente de percer le mystère de ce qui est captivant dans ce qui est mystérieux, un film qui tente de saisir l'essence même du mystère.
D'emblée, on entre dans le faux, le factice de notre plein gré. Podalydès ne cherche pas à nous faire croire à la réalité de son histoire mais il nous indique tout de suite que ce n'est qu'une histoire, qu'une fiction, qu'un jeu intellectuel, qu'une construction. Le "mystère de la chambre jaune " nous est dévoilé par l'intermédiaire de quatre personnages lisant les faits étranges dans le journal dans un train. Tout le plaisir du mystère est là, dans son énoncé, dans l'installation de ses bases.
Le mystère, c'est ce jeu avec le lecteur ou le spectateur qui lui-même accepte ce jeu, accepte d'être lecteur et spectateur. Le mystère, c'est prendre ce plaisir à suivre une mécanique bien huilée.
C'est aussi être voyeur, imaginer des histoires, être ou redevenir un enfant en quelque sorte (d'où la présence des animaux -le dindon- , de ce savant fou et ses étranges machines , de Rouletabille qui fait penser à Tintin, d'un train miniature, d'un magicien , de l'évocation de l'Amérique et bien sûr de l'humour). Comme pour les enfants, ce qui est banal et rationnel est rendu étrange et presque irréel à cause de ce qui s'est passé.
Le mystère, c'est quand on réinvestit et qu'on laise exploser tout ce qui a nourri ou nourrit encore notre imaginaire. Et Podalydès ne s'en prive pas et laisse entrer le sien teinté d'humour.
Dans ce film, les personnages eux-mêmes prennent plaisir à ce jeu, à ce mystère et veulent en goûter chaque instant, en prenant leur temps, en s'asseyant et en étant spectateur. De plus, il reste des choses à élucider. Le mystère appelle le mystère. PC