CHARLEMAGNE (Paul Flickinger)

" "les héros sont des alibis, mais les saints sont des modèles" écrit Gilbert Cesbron. Charlemagne est les deux à la fois. Un alibi pour l'Europe, un saint pour les écoliers. Un doublé suffisant pour inspirer un artiste.
Magicien des matériaux, Paul Flickinger, peintre et sculpteur, a su donner à l'Empereur la forme et les couleurs de la modernité. Incontestablement c'est le Charlemagne de légende qu'a retenu l'artiste: droit sur son destrier, couronne en tête et barbe fleurie, l'épée dressée comme un bâton de commandement. Paré plutôt pour ouvrir la voie à la renaissance carolingienne que pour "casser" de Saxon, tel le cavalier carolingien (IXème et Xème s.) détourné du Trésor de la cathédrale de Metz vers les collections du Louvre par son successeur, Napoléon Ier. Le tout, cheval et cavalier en bois, peint d'un bleu lumineux. Clin d'oeil à l'école "Blaue Reiter" de la painture d'outre-Rhin ou allusion au drapeau étoilé de notre Europe? On ne sait. Mais qu'il paraît proche de nous ce charlemagne aux airs de Don Quichotte né entre Rhin et Meuse. Peut-être plus proche qu'on ne le croit: un mathématicien n'a-t-il révélé récemment, en remontant quatre à quatre l'échelle des générarions, que neuf Français sur dix descendaient de Charlemagne...?"
Claude Puhl
(PDG du "Républicain Lorrain")
Représentation moderne de Charlemagne, moderne et humaine . Un mythe à échelle humaine. Fragile et fort à la fois. PC