Cecil B. Demented ( 2000)

de John Waters

avec Melanie Griffith, Stephen Dorff, Alicia Witt

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA

Cecil B. DeMented est le nom d'un cinéaste underground révolutionnaire, et à moitié punk, qui a décidé de tourner son chef-d'oeuvre absolu. Lui et sa bande sont prêts à tout pour s'écarter du système hollywoodien. C'est ainsi qu'ils vont jusqu'à organiser un enlèvement terroriste contre la star Honey Whitlock, afin de l'obliger à jouer de force dans leur prochain film. Celle-ci s'adapte contre son gré, avant de finalement prendre le parti de ses ravisseurs au moment où l'establishment commence à la dénigrer.

John Waters, autrefois surnommé le "Pape du mauvais goût", s'en donne à coeur joie dans l'outrance avec ce brûlot où Hollywood est visé. Des stars capricieuses aux producteurs incultes en passant par le public débile, tout le monde y passe et personne n'en ressort indemne

MA CHRONIQUE

On sent que John Waters prend son pied dans cette comédie déjantée et jubilatoire dans laquelle il mitraille au sens propre comme au sens figuré tout ce qui représente le mainstream dans le cinéma américain. Le conformisme et la morale sous-jacente dans la production américaine dominante sont dénoncés joyeusement et méchamment par les personnages qui se proclament "terroristes" du 7ème art et qui défendent un cinéma underground et radical à l'opposé du système hollywoodien. Fous et dangereux, obsédés sexuels , hétéros qui ont du mal à s'assumer, ex-stars du porno , adolescent cherchant à fuir des parents castrateurs composent l'équipe du film que veut réaliser Cecil B. Demented, sorte de gourou qui veut mettre en scène ses visions. Ils sont d'autant plus fous et déjantés que le cinéma mainstream est formaté et moralisateur, destiné à pousser des hordes de familles et d'ados décérébrés devant des écrans à bouffer du pop-corn et à utiliser beaucoup de kleenex.

Il y a beaucoup de distance chez John Waters qui , en quelque sorte, raconte en la portant à une incandescence fictive et délirante, la propre histoire de son film. Il utilise lui aussi une actrice reconnue par Hollywood (Mélanie Griffith absolument fabuleuse et drôle) pour jouer dans son film - sauf qu'il ne l'a pas enlevée- et il flingue et choque le public non pas avec des armes à feu et des grenades mais avec des scènes de masturbation collective dans un cinéma porno et toutes ses propres armes que sont l'humour et le délire. Lui reste dans la légalité et le plausible mais il essaie de faire la même chose que son personnage ou plutôt fait faire à son personnage ce qu'il aimerait faire dans ces fantasmes les plus fous. Mais ce personnage là (le réalisateur) en prend aussi plein la tête et n'est jamais bien loin de succomber aux sirènes du succès ,de la publicité et de la gloire de représenter le chef d'un courant radical avec des adeptes quasi sectaires. PC

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