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RAOUL DUFY les peintures de la collection du Centre Pompidou Musée des Beaux-Arts de Nancy du 19 janvier 2002 au 1er avril 2002 |
| Cette extraordinaire exposition nous propose pas moins de 130 tableaux de l'artiste permettant d'avoir ainsi un regard global sur son oeuvre ainsi que sur l'évolution de celle-ci. La présentation quasi chronologique permet de suivre le cheminement artistique du peintre qui, d'abord se cherche et s'essaie avec succès à divers styles, de l'impressionnisme au cubisme en passant par le fauvisme (au rez-de - chaussée) pour enfin trouver sa propre voie et sa singularité avec les oeuvres présentées à l'étage tout en faisant appel à tous les genres (paysages, nus, portraits, natures mortes....) et en peignant sur divers supports dans des formats variés. Le parcours proposé est décliné selon les thèmes suivants: les années de formation, le fauvisme, le cubisme, la mer, la musique et la fête, l'atelier de l'artiste, les portraits, les paysages, le dépiquage et enfin la série du cargo noir. Cette exposition est très abordable et plaisante car Dufy a souvent et à juste titre été présenté comme le peintre de la joie de vivre grâce aux sujets de ses tableaux et à l'explosion des couleurs qui ne laissent pas insensibles et indifférents les enfants et fascinent les parents. | ![]() |
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L'une des constantes de l'oeuvre de Dufy est son intérêt et sa réflexion sur le rôle des couleurs. Déjà dans ses premiers tableaux la couleur est au centre de ses préoccupations et parfois est le thème même de la composition. Ce sont les couleurs qui dessinent les formes et les modèlent (La rue pavoisée). D'où son incursion dans l'impressionnisme qui nécessite pour certains tableaux de se reculer pour que les couleurs prennent forme.( Terrasse de café, une huile sur carton de petite dimension). Puis cette réflexion sur la couleur le mène naturellement au fauvisme dont il adopte les principes avant de les approfondir. Les principes du fauvisme sont évoqués dans la brochure de l'expo: " la couleur pure et arbitraire comme élément autonome, indépendant de la réalité, propre à construire l'espace et à traduire le mouvement". Et en effet, Dufy s'éloigne de la réalité en accordant à ses sujets des couleurs qui ne sont pas les leurs mais qui malgré tout exprime une autre réalité, celle des émotions. Ainsi peu à peu va se mettre en place ce style qui le définit bien, à savoir qu'il peint des plages de couleur avant de dessiner au pinceau fin sur ces plages de couleur. "Il dépasse" aux yeux des enfants! La couleur déborde le contour de la forme matérialisant ainsi l'atmosphère induite . Ainsi, lorsqu'il peint des instruments de musique, les couleurs n'épousent pas les contours et la musique semble par la couleur sortir de l'instrument. Cette technique apparait dans la plupart de ses tableaux qui s'émancipent de la réalité y compris dans l'absence pour certains, et c'est net dans les séries sur la mer, de la perspective. |
| Par la couleur Dufy
tente de restituer les émotions et la vie. Ce qui l'intéresse
c'est le rendu du foisonnement et du mouvement que la vie
engendre. Ainsi, les thèmes de ses tableaux sont souvent
les détails mêmes de ces tableaux. La mer et le ciel se
confondent souvent dans un même mouvement de couleur. Du
chaos apparent naissent le sens et la vie. L'intérieur
et l'extérieur se confondent aussi (d'où de nombreux
tableaux avec des fenêtres). Il peint beaucoup des scènes
de foules qui s'adonnent à des loisirs (plage, cirque,
feux d'artifice, orchestres, jeux etc...) . Il aime à
suggérer ce désir de vie et de sensations et ceci est
particulièrement palpable dans des tableaux où il n'hésite
pas à faire entrer en collision des détails dont la réunion
sur un même tableau semble incongrue: ainsi, on peut
voir des baigneuses en pleine ville, ces mêmes
baigneuses nager en plein port près des cargos noirs et
des coquillages. De même un nu est étendu au milieu
d'un orchestre. Et le paradoxe ultime qui illustre ce désir
de vie malgré tout s'incarne dans la série des cargos
noirs où il utilise des plages de noir comme centre de
ses compositions . Cette couleur associée habituellement
à la mort est détournée et pour Dufy, elle donne
naissance à ce qui est autour, la lumière et la vie
donc. Ayant commencé sa carrière en 1892 et mort en 1953, Raoul Dufy a su donné sa singularité à l'art pictural à un moment où l'art photographique était à son apogée. Il a su se nourrir des divers courants qui se sont épanouis alors afin de forger une oeuvre très singulière et personnelle. P.C. |
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