GORZE

Petit village au creux de vallons, Gorze est un écrin de verdure coquet, respirant le calme et la sérénité, point de départ de nombreuses balades pédestres ou cyclotouristiques à travers les belles forêts qui l'entourent et les collines au relief adouci de la campagne messine. On comprend le surnom donné à cette région: "la petite Suisse messine". Mais ce qui singularise encore plus cette petite bourgade mosellane est son riche passé historique (à travers son patrimoine architectural notamment et l'importance de ses sources pures que les Romains ont captées dès le Ier siècle pour alimenter en eau la ville de Divodorum (aujourd'hui Metz) par un aqueduc) mais aussi son riche passé religieux (en 749, l'évêque de Metz, Chrodegang, fonde l'abbaye de Gorze, monastère bénédictin qui prend vite une renommée mondiale aujourd'hui disparu ). Aujourd'hui, ce passé survit grâce aux vestiges de l'aqueduc romain (dont on peut voir sur la route d'accès à Gorze une canalisation souterraine mais aussi une partie surélevée pour passer au dessus de la Moselle au sud d'Ars -sur -Moselle et à Jouy-aux - Arches) et l'église Saint-Etienne, construite aux 12ème et 13ème siècles.

Son architecture est originale avec un extérieur de style roman et un intérieur de style gothique lorrain. Son clocher semble épouser harmonieusement le relief valloné environnant, tout en rondeur et en douceur, plein d'humilité et de charme discret et durable. A l'intérieur se trouve un Christ en bois attribué au célèbre sculpteur originaire de Saint-Mihiel dans la Meuse, Ligier-Richier.

Autre monument du patrimoine : le palais abbatial, dont l'édification débuta en 1696 et est l'oeuvre de Philippe Eberhardt de Loewenstein.

Très beau bâtiment avec sa grande terrasse-jardin sur laquelle on accède par deux escaliers symétriques ornés de scènes mythologiques. Au bout de ce jardin, on peut admirer des fontaines ornées également de scènes mythologiques. Depuis cette terrasse , on peut à loisir admirer et ressentir ce qui fait la quintessence de ce village: on y voit les belles maisons qui l'entourent, on aperçoit le clocher de Saint-etienne, on entend le silence, on respire la verdure des forêts et des collines avoisinantes, on est envahi par un sentiment de plénitude propice à la méditation et à l'afflux de souvenirs d'émotions. Un vrai bonheur.

Tout ce passé prestigieux revit à la "maison de la Terre de Gorze"

LA MAISON DE LA TERRE DE GORZE

Aménagé dans une belle demeure du 18ème siècle, la "maison de la Terre de Gorze" retrace l'histoire riche et passionnante de la région. La salle principale évoque , par des illustrations et des tableaux pédagogiques , l'histoire de Saint-Clément, qui aurait terrassé le monstre-dragon qui terrorisait la ville de Metz, le Graoully. Le manuscrit de la vie du 1er évêque de Metz, avec ses belles illustrations polychromes , est exposé et met en scène les épisodes gorziens de sa légende.

Ce musée nous présente également l'histoire de l'eau à Gorze et une superbe maquette présente et reconstitue le chantier de la construction du pont-aqueduc au dessus de la Moselle.

Y est évoqué également l'influence du monastère bénédictin initié par Chrodegang etnotamment l'élaboration et la diffusion à partir de ce monastère du chant grégorien, autrefois appelé chant messin. Cette abbaye est dévastée et sécularisée au 16ème siècle.

Deux diaporamas sont présentés dans l'ancienne cave de cette demeure : le premier traite de l'abbaye bénédictine et son histoire (un peu long et fastidieux, voire scolaire mais très complet : les enfants se lassent et cela finit par des jeux d'ombres chinoises qui déclenchent les rires des filles). Quant au deuxième, il explique les techniques de captation et d'acheminement de l'eau par les aqueducs. Les techniques employées par les Romains étaient remarquables d'ingéniosité : on y apprend que les canalisations étaient donc souterraines et qu'elles suivaient les pentes les plus douces jusqu'à la Moselle qu'il fallait traverser par le biais d'un pont-aqueduc dont on nous explique de façon simple et claire la construction. (on apprend notamment qu'il y avait deux tuyaux: l'un en pente plus importante pour éviter le gel l'hiver)

La "maison de la Terre de Gorze" accueille également des expositions temporaires. Ainsi, ce jour-là, le peintre Slobo exposait certains de ces tableaux.

 

allégorie de la Justice et la barque de Caron - Luca Giordano

SLOBO , peintre des Balkans (?) peint sur toile ou sur bois des paysages cosmiques ou fous. Les tableaux ont parfois des cadres traditionnels (carrés ou rectangulaires) ou moins académiques (pièces de bois ovales) ou encore il s'agit parfois de sortes de triptyques. Il développe une réflexion sur la composition picturale (répartition des couleurs, recherche d'équilibre de la composition). Les paysages ainsi composés, très abstraits quoique très ordonnés et composés, ressemblent à du baroque et à des tableaux du peintre napolitain Luca Giordano (1634-1705) (voir ci-contre). Mais chez Slobo, peintre contemporain, les figures, les personnages, les divinités, les anges sont remplacées par des zones de couleurs floues. Chez Slobo, il y a sans doute ce même besoin de spiritualité, mais sans icônes religieuses, sans religion. PC

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