Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
d'Alfonso Cuaron
avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Gary Oldman, David Thewlis

SYNOPSIS SUR LE SITE D'ALLOCINE
Sirius Black, un dangereux sorcier criminel, s'échappe de la sombre prison d'Azkaban avec un seul et unique but : retrouver Harry Potter, en troisième année à l'école de Poudlard. Selon la légende, Black aurait jadis livré les parents du jeune sorcier à leur assassin, Lord Voldemort, et serait maintenant déterminé à tuer Harry..
LA CRITIQUE D'ALEXIA VANHEE
En remplaçant à la réalisation Chris Colombus par Alfonso Cuaron, la Warner a sans doute voulu inverser le processus de la série des Batman, qui a sombré dans la médiocrité après avoir commencé très fort sous limpulsion de Tim Burton. Et alors ? Une chose est sûre : Cuaron nest pas Burton. Sur tous les plans, lesthétique de ce troisième volet des aventures dHarry Potter ne diffère guère du premier. On utilise le numérique à tout bout de champ ; pas une scène qui ne comporte ses effets spéciaux destinés à faire office de merveilleux. La conséquence reste la même : Harry Potter nest pas un film magique. Un comble, non ? Et pourtant, le fait est là : ces trois films ne font pas rêver. Limagination ne semballe pas. On assiste aux prouesses des jeunes héros dun il égal et blasé. Franchement, vous avez vraiment frémi à lenvol dHarry Potter sur sa créature susceptible ? Les paysages sont jolis, oui ; quant à lexaltation aérienne, bof. Une certitude : tout le monde nest pas Hayao Miyazaki. Cest dommage, car il y aurait pourtant matière à entraîner le spectateur dans un autre monde, un monde dont il ne possède pas toutes les règles, un monde proche des contes de fées les plus cruels Sans doute est-ce leffet que produisent les romans de J.K. Rowling, mais les films, eux, sapparentent décidément à un livre dimage peu stimulant.
En regardant dun peu plus près, quen est-il de ce livre dimage ? Une fois écartée la platitude de la mise en scène, admettons quon sennuie nettement moins que devant le premier opus, en dépit dune durée quasi identique près de deux heures et demie quand même. Cela tient sans doute avant tout à la supériorité du roman originel : le côté obscur et tourmenté du héros, devenu adolescent, est davantage exploré ; le scénario avance révélation par révélation ; les affrontements psychologiques lemportent sur les batailles en bonne et due forme. Alors bien sûr, il nous arrive davoir quelques longueurs davance sur les personnages ; bien sûr, les chamailleries des deux clans délèves sont franchement dispensables ; mais au final lensemble est assez prenant. Peu à peu, le scénario se débarrasse des gags répétitifs pour laisser laction mener tout cela, surtout dans la dernière partie, qui joue astucieusement avec le temps. Rien de bien renversant, mais on passe un bon moment.
Alors, inutile de chercher à voir dans cet Harry Potter autre chose que ce quil est : un honnête divertissement pour enfants. Certes, nous sommes loin dêtre à la hauteur de ce que les possibilités de départ offraient. Mais il reste un vrai plaisir : celui du jeu des acteurs. Pas les trois interprètes principaux, crispants par moments. Mais les formidables Emma Thompson, Maggie Smith, Gary Oldman, Timothy Spall Abandonnant tout réalisme dans leur jeu, ils montrent quils ont compris quils sont dans un film fantastique, où tout est permis. De fait, ils arborent perruques, postiches, lunettes ; ils en font des tonnes, émeuvent même, toujours justes ( mention spéciale à Gary Oldman, excellent). Bref, cest grâce à eux que le livre dimages se transforme, par éclairs, en véritable objet cinématographique. AV