La jeune fille à la perle
de Peter Webber
avec Scarlett Johansson, Colin Firth, Tom Wilkinson, Cillian Murphy, Alakina Mann

SYNOPSIS SUR LE SITE D'ALLOCINE
Delft, XVIIe siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise.
La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la
maison du peintre Vermeer. elle s'occupe du ménage et des six
enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère
et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de
la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son
univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se
propage dans la ville.
LA CRITIQUE D'ALEXIA VANHEE
Qui se cache derrière l'énigmatique tableau de Vermeer, La Jeune fille à la perle ? Et si ladite demoiselle se prénommait Griet ? Et si elle déambulait comme modeste servante dans la demeure du grand Vermeer ? C'est ce qu'ont imaginé la romancière Tracy Chevalier et le réalisateur Peter Webber. Ce postulat entraîne immédiatement un système de rapports hiérarchiques qui dépassent très vite la seule relation maître-domestique qui lie Vermeer (Colin Firth) à Griet (Scarlett Johansson, au visage idéal). La maisonnée toute entière fonctionne sur différents niveaux de domination : la jeune Griet est sous l'autorité des domestiques plus anciens, eux-même sous l'autorité de Vermeer, lui-même sous l'autorité de sa femme, elle-même sous l'autorité de sa belle-mère. Ainsi, chacun des personnages est bridé par un autre. Dans ce mécanisme verrouillé et géniteur de tensions, Griet et Vermeer apparaissent comme des exclus. Griet car elle se trouve tout en bas de l'échelle sociale ; Vermeer car, en tant qu'artiste, il se pose d'emblée comme un marginal. Tous deux cherchent d'ailleurs à se préserver d'un monde extérieur trop autoritaire : le peintre en se retranchant dans son atelier, la servante en dérobant obstinément sa chevelure aux regards étrangers. Leur complicité repose en grande partie sur ce sentiment commun de rejet. A cela s'ajoute une forme d'attirance amoureuse qui ne brille pas d'une folle originalité mais qui bénéficie du jeu tout en finesse de la divine Scarlett et de Colin Firth. Le reste des personnages s'avère hélas plus caricatural : les caractères féminins manquent terriblement de nuances, le mécène de Vermeer ressemble à un gros méchant loup libidineux, la jeune Alakina Mann, remarquée dans Les Autres d'Alejandro Amenabar, nous ressert son personnage de petite peste sournoise , en moins complexe. Plus généralement, le scénario même souffre de quelques poncifs dispensables : combien de fois le coup de la domestique accusée de vol a-t-il déjà été servi ? La liaison parallèle qu'entame Griet avec un commis boucher était-elle vraiment nécessaire ? De fait, la trame dramatique s'avère décevante au regard du fabuleux travail sur la lumière, qui recrée de véritables tableaux vivants. L'uvre d'art semble partout, dans chaque geste, dans chaque variation de lumière. C'est elle seule qui pourra s'opposer à l'impitoyable appareil de domination sociale, en arrachant Griet, à l'oubli des siècles. Qui était la jeune fille à la perle ? Son identité s'est perdue, mais son visage reste à jamais, sauvé par le magicien 'Vermeer' AV