Les filles ne savent pas nager (1999)
de Anne-Sophie Birot
avec Isild Le Besco, Karen Alyx, Pascale Bussières, Pascal Elso

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA
Gwen a quinze ans et vit avec ses parents en Bretagne à Saint-Guénolé.
Cet été représente pour elle la découverte de sa sexualité
dans des rencontres de passage. Mais Gwen est surtout dans
l'attente de son amie d'enfance Lise, qui doit venir la rejoindre
comme chaque année pour les vacances. Les deux adolescentes ont
toujours été très liées, une relation soudée par un échange
épistolaire assidu. Pourtant quelque chose de l'enfance s'est
brisé et plus rien n'est comme avant. Des retrouvailles douces-amères
se soldent par un constat cruel : les deux jeunes filles n'ont
plus rien à se dire.
Premier long métrage d'Anne-Sophie Birot pour une chronique
sur l'adolescence. Une période faite d'insouciance et de gravité
dont le film rend compte avec une audace déconcertante.
MA CHRONIQUE
Ce film cherche à peindre le portrait de l'adolescence et y parvient en partie. Il rend bien compte de cette période charnière entre l'enfance et l'âge adulte qui n'est ni tout à fait l'un ni tout à fait l'autre mais les deux à la fois; période où se manifestent des pulsions liées au corps, où s'exprime une grande confusion des sentiments, où le chaos intérieur règne mais tout cela est concurrencé par une quête d'absolu et d'idéal. L'insouciance laisse place au chaos qui pendant un temps est tempéré par des illusions et des rêves, ces survivances du monde enfantin. Ceci entraîne des conflits et un égoisme peu souvent évoqué dans les films sur l'adolescence. Elle filme à merveille le tourment caché derrière la légèreté du contexte (les vacances) et du lieu et l'interaction de l'un sur l'autre . De plus, pour une fois, le réalisateur ne nous montre pas cette période comme sympathique et touchante. Les ados sont souvent odieux dans ce film.
Mais les deux histoires respectives de ces deux jeunes filles sont trop singulières et pregnantes pour qu'on les oublie et que le film devienne autre chose que la chronique de deux adolescences particulières. Et du coup, il finit par ressembler à beaucoup d'autres films traitant de la jeunesse. Et c'est finalement l'histoire de ces deux filles qui, par sa force et son côté extraordinaire, permet de révéler et d'agrandir à la loupe les caractéristiques de l'adolescence. Le spectateur ne peut plus alors investir son espace intime et user de sa liberté .
On sent que ce film a une ambition mais il ne réussit pas toujours à émouvoir car il adopte parfois un point de vue adulte qui empêche le spectateur de ressentir l'adolescence et il n'évite pas l'écueil d'une certaine nostalgie , douce-amère, certes, mais nostalgie quand-même. PC