L'homme aux lunettes d'écaille (1948)
(Sleep, my love)
de Douglas Sirk
avec Claudette Colbert, Don Ameche, Robert Cummings, George Coulouris

............................Douglas Sirk ..........................Don Ameche............................Claudette Colbert..............................

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA
Richard Courtland et sa séduisante maîtresse Daphné ourdissent un plan pour se débarrasser d'Alison, la riche épouse de Richard. L'idée est de faire passer leur complice, un photographe, pour un psychiatre afin qu'il manipule Alison et la conduise au suicide. Mais ce plan diabolique ne se déroulera pas tout à fait comme prévu.Un bon film à suspense porté par d'excellents acteurs.
MA CHRONIQUE
Voilà un très bon film à suspense où pourtant on connait très vite les tenants et aboutissants mais où le suspense est malgré tout maintenu d'un bout à l'autre grâce à l'art de la narration et la mise en scène de Douglas Sirk.
C'est un film qui parle du faux (à l'image de cette serre dans la maison que la femme appelle la jungle), des apparences, de la confiance en l'autre. Le mari joue constamment son rôle de bon mari, soucieux de la santé psychique de sa femme. Il joue avec tout le monde, met en scène sa vie et celle de sa femme afin de parvenir à ses fins.Il tire les ficelles de cette histoire et il est un peu le metteur en scène du film que l'on regarde en inventant des faux personnages, des faux psychiatres, en inventant des histoires et en les faisant jouer par des acteurs et à l'aide d'une équipe technique plus ou moins volontaire. Seule sa femme ne sait pas qu'elle joue un rôle mais lors d'une soirée avec un ami, elle montrera qu'en fait elle ne cesse inconsciemment de jouer le rôle des convenances sociales attendues dans son milieu .
De même, ce film présente une galerie de personnages beaucoup plus complexes qu'à première vue. Les apparences de ces personnages sont par la suite contredites par leurs actes. Sirk lui aussi joue avec le spectateur (tout comme le personnage du mari) et crée des effets pour nous tromper et nous divertir. En fait, il semblerait que tout le monde est manipulé, même le manipulateur ,qui l'est par la femme fatale, sa maîtresse, et par l'amour. Et on se rend compte que nous, spectateurs, avons été manipulés jusqu'au bout et encore après le visionnage du film car tous les personnages sont loin d'être les archétypes du film de genre qu'ils semblaient être et sont bien plus ambigus et ambivalents qiu'on pouvait le penser dans un premier temps. Le mystère les concernant reste entier et comme le dit si bien l'épouse lors du mariage chinois auquel elle assiste, "la race humaine est bizarre". PC
LIEN : une bonne analyse du film (en anglais)