The Full Monty (1997)

de Peter Cattaneo

avec Robert Carlyle, Mark Addy, Steve Huison

LA CRITIQUE D'ALEXIA VANHEE

A sa sortie en 1997, The Full Monty connut un succès aussi fulgurant qu’inattendu. Bien loin de l’engouement que peuvent généralement susciter des films britanniques plus glamours, tels que Quatre mariages et un enterrement (Mike Newell, 1994) ou plus cyniques, tels que Petits meurtres entre amis (Danny Boyle, 1994)

Un succès qui, il faut bien le dire, fait plaisir. Car pour une fois, les spectateurs ont accepté de se confronter à une réalité pas très rose, sous ses dehors comiques, marquée par le chômage, la pauvreté, la garde parentale conflictuelle. Le personnage principal du Full Monty s’appelle Gaz (Robert Carlyle). Il est sidérurgiste. Une bien mauvaise idée, par ces temps de crise économique… Comme bon nombre de ses collègues, Gaz est licencié. Dès lors, comment remonter la pente ? Que faire pour que son fils ne le considère pas comme un loser ? Le strip-tease est peut-être la solution…

The Full Monty possède cette qualité inestimable de ne jamais tomber, malgré les risques que son argument pouvait comporter, dans la vulgarité. Au contraire, c’est la dignité qui traverse tout le film. Gaz et ses compères sont moins ridicules qu’attendrissants ; on ne rit pas d’eux, mais avec eux. Ils cherchent à s’en sortir, et si la solution qu’ils choisissent peut apparaître quelque peu originale, elle n’est en rien dégradante. Ce qui est dégradant, et le réalisateur le montre très bien dans les premières minutes du film, c’est l’inactivité, le chômage, les fins de mois serrées. Le spectacle que les ex-sidérurgistes préparent n’aura pas la « classe » des shows professionnels, mais marquera l’aboutissement d’une volonté de prouver qu’ils valent quelque chose. De toute évidence, nous sommes loin de la farce pure. Mais Peter Cattaneo ne noircit pas non plus le trait : à aucun moment il ne cherche, par exemple, à établir un quelconque parallèle – pourtant facile - entre le strip-tease et la prostitution. Son but est de faire rire malgré un arrière-plan social difficile.

On retrouve dans The Full Monty cette générosité que le cinéma anglais, de Stephen Frears à Mike Leigh – Ken Loach étant un peu à part - sait si bien exprimer : un regard complice et dénué de tout jugement sur des personnages attachants et humains, interprétés par une poignée d’acteurs formidables. La même année, la Grande-Bretagne nous offrait un autre film basé sur un principe similaire : Les Virtuoses, de Mark Herman (césar du meilleur film étranger). Cette fois, c’étaient des mineurs menacés de chômages qui s’en sortaient en formant une fanfare. Même succès inattendu. Mais c’est tellement beau, de voir des gens ordinaires se battre pour se préserver une raison de vivre. Des comédies drôles, et qui nous apportent peut-être quelque chose de plus que La Beuze et autres Taxi…AV

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