The party (1968)
de Blake Edwards
avec Peter Sellers,Claudine Longet

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA
Commettant
gaffe sur gaffe, un acteur indien de second ordre compromet le
tournage du film pour lequel il avait été engagé. Son nom, au
lieu d'être inscrit sur la liste noire d'Hollywood, se retrouve
parmi ceux des invités d'un magnat du cinéma. Au cours de cette
réception, il multiplie les gaffes et les maladresses.
Chef-d'oeuvre absolu de Blake Edwards et Peter Sellers, cette
formidable comédie fonctionne sur un burlesque jubilatoire et poétique.
MA CHRONIQUE
Tous les personnages de cette comédie hilarante et devenue culte ne sont rien d'autres que des archétypes humains et sociaux, évoluant dans le système hollywoodien, superficiel et avide de reconnaissance et de gloire factices. Il s'agit , certes, d'une critique sociale mais Blake Edwards appuie tellement sur le côté caricatural que cet aspect du film ne peut être que mineur mais est surtout au service d'un dessein plus dérisoire en apparence mais finalement bien plus essentiel : le rire.
Et on rit énormément de et avec cet ancêtre gentil et charmant de Mr Bean, arpentant de sa dégaine unique tout en arborant un sourire éclatant cette vaste villa emplie de gadgets fonctionnels au milieu d'une jet-set hétéroclite et ridicule, à la recherche de bons gags et farces à faire -sauf que le spectateur seul sait cela car l'intéressé ne les fait que bien involontairement et en est , tout au moins au début que gêné. il va se servir de cette villa comme un terrain de jeu et faire de cette "party" guindée et sinistre, ennuyeuse et creuse, un véritable lieu de rire et d'amusement -ce qu'une "party" est sensée être finalement-, puis un cirque délirant et un chaos salvateur et libérateur. Il va même entraîner dans ses jeux une jeune actrice française postulant à un rôle dans un film d'un réalisateur ambitieux et plutôt goujat et ainsi lui ruiner sa carrière mais lui montrant que l'essentiel n'est pas dans la réussite, ni dans la gloire pas plus que dans la richesse matérielle mais dans la sincérité, pour ne pas dire la naïveté et dans le "fun"
Loin d'être une succession désordonnée de gags burlesques efficaces -ce qu'il est aussi- le film tend vers un climax époustouflant, délire quasi psychédélique, féérie de couleurs, de musique et de danse, qui anéantit tout ce qui représente le système et ce qu'il enfante (y compris la jeunesse hippie) mais qui n'anéantit pas les hommes, ni les éléphants(!)
Cette comédie n'est pas seulement un one-man show du grand Peter Sellers ou une comédie destinée à capitaliser sur le succès d'un comique (genre La Tour Montparnasse infernale ou Mais qui a tué Pamela Rose ou encore Johnny English) mais c'est une vraie comédie d'auteur, une comédie ultime proposant un réquisitoire contre un système qui absorbe les individus à leur insu et ennemi du rire mais un système d'une telle fragilité que ces mêmes individus peuvent, à leur insu également, le détruire en réhabilitant le rire. PC