PAU ET SON FRERE (2001)
de Marc Recha
avec Nathalie Boutefeu, Marieta Orozco, David Selvas

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA
Barcelonne 2000. Pau identifie le cadavre de son frère Alex
qui s'est suicidé. Il décide de partir avec sa mère à la découverte
du village où Alex vivait en autarcie dans les Pyrénées
espagnoles. Là-bas ils rencontrent la sympathique communauté
rurale avec laquelle le défunt avait décidé de vivre. Petit à
petit chaque personnage dépasse la douleur du deuil, un peu
comme si Alex continuait de vivre à travers sa mort en
provoquant des rencontres, des amours, une reconstruction vers la
vie de chaque personnage.
Après "L'Arbre aux cerises", Marc Recha nous offre
un film sur le deuil, où, sur fond de paysages grandioses, les
scènes de dialogues sont fascinantes.
MA CHRONIQUE
Malgré le sujet du film (le frère et la mère d'Alex qui vient de se suicider vont dans le village des Pyrénées où celui-ci vivait), celui-ci est une ode à la vie. Il montre cette période de deuil pour les proches comme un retour progressif à la vie. Au tout début du film, la vie est comme mise en sourdine (au sens propre comme au sens figuré). Le poids de la mort se fait sentir, sa présence rôde mais la vie est toujours là , en fond. Et tout le film consiste à montrer le retour de la vie en premier plan alors que la mort va être mise en sourdine mais restera là malgré tout. Pau et sa mère quittent Barcelone et son trop plein de vie pour aller dans le village montagnard où vivait Alex, le frère suicidé; là où les manifestations de la vie prennent tout leur sens. Recha traque ces manifestations là dans la nature et dans les sons (des gazouillis des oiseaux en passant par le tic-tac dune horloge dans une maison quasi-vide. A noter que la bande sonore du film est capitale et importante alors quil n y a que très peu de musique. Même la mort finalement (et les rituels symboliques qui laccompagnent) est génératrice de vie. Elle rend la perception de la vie plus intense. Faire le deuil, ce nest pas chercher à comprendre, ni même pleurer le disparu mais cest accepter la mort comme partie intégrante de la vie et de son cycle. PC