Porto de mon enfance (2001)

de Manoel de Oliveira

avec Jorge Trepa, Ricardo Trepa, Maria de Medeiros

 

PRESENTATION DU FILM SUR LE SITE DE CINECINEMA

Roulant à travers les rues du vieux Porto, Manoel de Oliveira revient sur les lieux de son enfance. Chaque visite évoque une anecdote, comme les premiers émois amoureux avec sa cousine dans le jardin public.Ces années d'apprentissage correspondent à la découverte du cinéma, donnant l'occasion de rappeler la première salle de Porto, puis les bals, le garage où Oliveira monta son premier film et le fleuve qui l'inspira. Les souvenirs se suivent sous forme de reconstitutions et d'archives dans une confrontation permanente avec la réalité contemporaine. Le plan d'ouverture, un phare au bord de la côte Atlantique, reprend en couleurs celui de "Douro Fainal Fluvial" (1931, son premier court métrage). Oliveira réalise sa biographie sous forme d'une boucle cinématographique, rendant un éternel hommage à ceux qui suscitèrent son engagement artistique.

MA CHRONIQUE

Manoel de Oliveira entreprend un voyage dans son enfance en empruntant la mémoire. Mais loin des représentations conventionnelles du travail de cette dernière, le vieux réalisateur portugais vogue avec une totale liberté dans les méandres de sa mémoire, au mépris de la chronologie, au mépris d'une cohérence de genre, mélangeant images d'archives, scènes reconstituées , images nettes et soignées, images floues, vues anciennes et contemporaines de Porto, anecdotes personnelles -quoique universelles- et documentaire historique, considérations philosophiques ou politiques et chants populaires (fados).

Au total, ce petit film d'une heure à peine parvient à dresser le portrait d'une ville et de ses habitants, portrait non pas d'une époque révolue et regrettée mais portrait éternel où le passé se lit dans le présent et le présent se lit dans le passé. Au delà même, il s'agit du portrait éternel de tout un pays et de son peuple.

Comme De Oliveira le dit lui-même en prélude à son film,le travail de mémoire permet un voyage non pas dans le passé mais hors du temps. La mémoire est une force créatrice dont ce film en est la plus parfaite illustration. Et si nostalgie il y a, celle-ci n'est pas liée au souvenir de l'enfance, mais davantage à la "saudade" de l'âme portugaise. PC

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