L'enfant sauvage (1969)
de François Truffaut
avec Jean-Pierre Cargol



SYNOPSIS SUR LE SITE D'ALLOCINE
L`histoire d`un "enfant-loup" decouvert en 1798, en pleine foret. D`apres le recit ecrit par un medecin au debut du siecle.
LA CRITIQUE D'ALEXIA VANHEE
LEnfant sauvage est un « film est basé sur des faits réels », selon la formule consacrée. En effet, après le second volet de la saga Doinel, Baisers volés (1968), et un polar avec Jeanne MOREAU, La Mariée était en noir (1968), François TRUFFAUT décide de retracer lhistoire de Victor, enfant sauvage découvert en 1798, dans la forêt de lAveyron. Par enfant sauvage, il faut entendre : enfant qui a grandi hors de tout groupe social. Très jeune, Victor a été abandonné et a survécu à l'écart par ses propres moyens. Aucun homme n'a pu lui apprendre comment se tenir face aux autres hommes, ni comment communiquer avec eux. Cest justement à cette tâche que sattèle le docteur Jean Itard : tout lenjeu du film va alors être dobserver les rapports entre lhomme et lenfant, entre le médecin civilisé et lindividu primitif, et surtout léveil intellectuel de Victor. Le scénario avance au fil des annotations scientifiques dItard ; pourtant LEnfant sauvage na rien dun film froid ou clinique. Au contraire, TRUFFAUT, comme dans lensemble de son uvre dailleurs, recherche lémotion, la sensibilité, tout ce que les notes a priori objectives du médecin ne mentionnent pas et quil faut donc traquer par la caméra. Loccasion pour le cinéaste de nous montrer une fois de plus son extraordinaire capacité à travailler avec les jeunes enfants : ce quil obtient du jeune Jean-Pierre CARGOL est assez stupéfiant. Lui-même sest réservé le rôle dItard ; toutefois on aurait tort dy voir la marque dun narcissisme exacerbé. « De cette expérience dinterprète, je ne retire pas limpression davoir joué un rôle mais simplement davoir dirigé le film devant la caméra et non derrière, comme habituellement », confiera dailleurs TRUFFAUT. De fait, on peut voir dans cette interprétation la vision pédagogique du cinéma qua toujours défendu le cinéaste, notamment à travers ses multiples écrits. Au final, lhistoire vraie de LEnfant sauvage se révèle être la quintessence des obsessions de TRUFFAUT : lenfance, lapprentissage, la constitution de soi, la découverte de lautre. Filmé dans un noir et blanc superbe, porté par la musique de VIVALDI, LEnfant sauvage ressemble à un conte qui souvre et se ferme en iris, et nous fait partager avec sincérité et délicatesse la noble beauté de lacte déducation.AV