LA VIE MILITAIRE (Paul Flickinger)

" La Lorraine est couverte de champs de bataille et de cimetières militaires. Comment le sculpteur Paul Flickinger qui prépare pour l'an 2000 une exposition sur le thème "La Lorraine des Géants" pourrait-t-il l'oublier?
Aussi bien , deux des personnages qu'il évoque sont des soldats. L'un, gallo-romain, à l'ai plutôt pacifique; il n'est même pas armé, ce qui explique qu'il ait mal résisté aux invasions venues de l'est. L'autre soldat est en acier comme ses armes. Son aspect est moderne , presque contemporain. Casqué, équipé de la tête aux pieds d'électronique et d'optronique, il fait penser au guerrier du vingt et unième siècle.
Mais son fusil n'est pas menaçant; il le porte haut, à bout de bras, fièrement, comme pour montrer que la Lorraine connaît enfin la paix."
Pierre Messmer
(Académicien)
Ce soldat est une machine perfectionnée, sophistiquée, programmée. Il n'a pas de coeur. Mais en même temps, il est très vulnérable. On peut imaginer un homme dans cet uniforme de guerrier moderne, mais il n'y est pas à l'aise. La guerre n'est pas si naturelle. Et puis il rend les armes, semble ne pas vouloir s'en servir, il se rend. Le geste de ce soldat interroge: ses bras levés indiquent une reddition mais la présence du fusil semble indiquer qu'il "rend la guerre". Paul Flickinger convoque ici le poilu ( casque et geste) et le guerrier moderne pour montrer qu'une guerre, tout aussi moderne soit-elle, tout aussi "propre" soit-elle, reste une guerre. PC